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Le conflit pour les nuls (I)

22 mai 2010 · 17 commentaires

Organisé par le SCI, un mouvement pacifique, la conférence « Le conflit israélo-palestinien pour les nuls » s’est révélée être un succès.

Initialement, l’historique devait être présenté par Bishara Khader qui, suite à un empêchement, n’a pu être présent. Marianne Blume a repris le flambeau avec beaucoup de crédibilité. Auteure de « Gaza dans mes yeux », cette enseignante a vécu la deuxième intifada. C’est avec beaucoup de passion, qu’elle explique le quotidien à Gaza et à Jérusalem. Elle s’autoproclame pro-palestinienne pour des raisons de droits humains et uniquement pour ces raisons.

La Palestine devient un archipel et pour cause, les colonies, les périmètres de sécurité autour de celles-ci, les zones militaires, les terres qualifiées de réserves naturelles et le fameux mur et ses détours suspects font de la Palestine une enclave. Le gouvernement prévoit même un autre mur visant à annexer la vallée du Jourdan…

« On ne tue pas les Palestiniens, on tue le fait Palestinien » La résistance est celle de tous les jours : quand une élève attend 2 heures aux check points pour assister aux cours, quand le quotidien continue malgré les expropriations, le manque d’eau, malgré les colonies. Les Palestiniens ne sont plus citoyens de leur terre.

Malheureusement, une séance de question-réponses était prévue mais les organisatrices y ont coupé court rapidement par manque de temps. Cela me paraissait pourtant être la clé de la conférence, la cerise sur le gâteau, l’élément indispensable à toute bonne compréhension du conflit.

A lire :  http://bit.ly/dpaodn (site de l’ONU)

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le conflit pour les nuls (II)

22 mai 2010 · 123 commentaires

Voici une retranscription des grandes lignes du conflit tracées lors de la conférence. Cet historique n’est pas exhaustif et probablement qu’il accentue certaines périodes et diminue l’impact d’autres faits.

L’historique du conflit a été tracé de la première guerre mondiale à la première intifada. En effet, en 1916, les grandes puissances occidentales se combattent pour se partager  des régions de l’Empire Ottoman.  Ce sont les accords de Sykes-Picot. La Palestine se retrouve sous mandat britannique. En 1917, la déclaration Balfour prévoit l’établissement d’une nation juive en Palestine. Cette promesse des Britanniques se fait parallèlement à une autre promesse : un grand royaume arabe sur ces mêmes terres.

A la suite de cette déclaration, la Palestine devient une terre d’immigration juive. Une précision importante est à faire. A cette époque, l’antisémitisme est une réalité européenne. Les pays Arabo-musulmans  ne sont pas proprement anti-juifs. Le climat s’envenime pourtant. Les populations juives achètent les terres des paysans palestiniens, ceux-ci se retrouvent sans travail. En 1936, l’intelligencia palestinienne organise une grève de 3 mois, contre cette forme d’exploitation imaginée et mise en place par l’impérialisme britannique.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale et après la prise de conscience de l’horrible judéocide, l’Europe s’en sent coupable.  Pour la Grande-Bretagne, la Palestine devient un poids. Aux Nations Unis, on décide alors d’un plan de partage perdu d’avance : 56% du territoire est donné à 32% de la population, qui n’en possédait alors que 7%. 

Image : plan de partage ONU 1947

Ce plan est catégoriquement refusé par les Arabes. Ben Gourion, alors Premier Ministre de l’Etat en devenir, l’accepte mais désire au plus vite, agrandir ses frontières, par les armes. La guerre éclate. Les Palestiniens fuient le pays. Notre historienne considère plutôt cela comme un nettoyage ethnique, minutieusement préparé, village par village. Un Etat a été créé pour les uns, mais c’est l’exil et la dépossession pour les autres. En conséquence de cette guerre, les territoires israéliens passent de 56% à 78% de la Palestine.

En 1964, l’OLP (Organisation de la Libération de la Palestine) est créée. Chaque pays membre joue avec la Palestine pour ses intérêts propres. Jusqu’à ce que Yasser Arafat devienne le président. Il change alors le climat et marque le grand tournant de la question palestinienne.

Lors de la guerre des 6 jours en 1967, les Israéliens prennent d’autres territoires alors que le droit international interdit pourtant l’annexion des territoires occupés. Israël a déclenché une guerre préventive (procédé bien connu des Etats-Unis…) et est parvenu à triplé sa superficie. Plus important encore, la vieille ville de Jérusalem a été prise et sans aucune reconnaissance internationale, elle est devenue la capitale de l’Etat d’Israël.

Pendant 20 ans s’enchaineront des attaques et des prises d’otages entre Palestiniens et Israëliens (Prise d’otage aux Jeux de Munich, Opération Paix en Galilée, Raids aériens,…). Progressivement les pays arabes se désolidariseront de la cause palestinienne.

En 1987, la première génération palestinienne occupée va se révolter. L’Intifada marquera le soulèvement des jeunes face à l’occupation que leur peuple subit. Cette guerre des pierres offrira une visibilité aux Palestiniens et le conflit ne sera plus jamais considéré comme local.

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Un soutien à Garzon

20 mai 2010 · 120 commentaires

L’Espagne se divise à nouveau aujourd’hui. Sur le cas Garzon… En octobre 2008, ce juge andalou a ouvert une enquête sur les exécutions sommaires et les disparitions lors de la guerre civile espagnole et sous la dictature de Franco. Après avoir abandonné cette enquête du fait de la pression, il a été accusé par le Tribunal suprême de n’avoir pas respecté la loi de 1977, et doit maintenant s’assoir sur le banc des accusés après la plainte des groupes d’extrême-droite « Manos Limpias » et la Phalange.

La loi d’amnistie de 1977 avait pour but officiel de construire une démocratie solide dans un pays enfin réconcilié. Basée sur le pardon, elle devait permettre un nouveau départ au peuple espagnol. La loi pouvait se résumer à « se pardonner l’un à l’autre sans oublier ». Pourtant, l’Espagne a beaucoup oublié et certains ont plus pardonné que d’autres.

 La guerre civile est une blessure encore ouverte en Espagne. Quand l’ennemi n’est pas « l’autre » mais le voisin, l’oncle, la cousine, le beau-frère, parfois le père, la réconciliation prend une tournure toute différente.

A presque 2000 km de là, il arrive que les enfants d’immigrés espagnols se posent des questions. Tel est mon cas.

Il ne faut pas minimiser les conséquences des démarches. Rouvrir un dossier si sensible signifie la réouverture de certaines plaies dont la division du pays. Il suppose également une remise en question d’une loi, donc d’un système judiciaire dans son entièreté. Il est certain que le pays doit tourner la page et sortir de l’impasse en s’accrochant à la démocratie.

Mais on ne peut demander à des milliers de familles de victimes de se contenter d’une loi créée par et pour les sympathisants franquistes. La loi d’amnistie n’est pas une demande de pardon de leur part. Elle n’a été qu’une opportunité pour certains de prendre place dans les hautes sphères espagnoles après la mort de Franco, sans obligation de rendre des comptes, sans avoir à se cacher, sans même s’en inquiéter. L’application de cette loi n’a été bénéfique que pour un camp. Et celui-ci se réveille aujourd’hui, il se cache derrière la démocratie qu’il a tant bafoué pendant 30 ans, pour justifier ce refus d’une justice.  Pour construire une société espagnole solide, il faut pouvoir se tourner sur son passé,  aussi violent soit-il. En jugeant les criminels, on ne réveille pas le conflit, on apaise les plaies. L’étape est importante, elle a pu se faire dans d’autres pays du monde (parfois avec l’aide de l’Espagne !). Aujourd’hui, le pays ne doit pas être une exception. Les droits de l’homme sont à mon sens plus importants qu’une loi nationale.

Le juge a été démis de ses fonctions, ce qui provoque de grosses contestations. Je vous invite de cette façon à rejoindre la manifestation contre la suspension du juge B.Garzon, le samedi 22 mai, à 14h, à la place du Luxembourg, à Bruxelles.

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Ces prédateurs de RSF

3 mai 2010 · 2 commentaires

La liberté de la presse, garante de la liberté d’expression, nous semble acquis (quoi que…) Mais ce lundi 3 mai, à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse, l’organisation Reporters Sans Frontières publie la liste de ces hommes qui tentent tout pour la faire taire et nous rappelle ainsi à quelle point elle est fragile…

  1. Issaias Afeworki, Erythrée, Président de la République
  2. Yahya Jammeh, Gambie, Président de la République
  3. Teodoro Obiang Nguema, Guinée équatoriale, Président de la République
  4. Ogbonna Onovo, Nigeria, Inspecteur général de la police nationale
  5. Paul Kagama, Rwanda, Président de la République
  6. Milices islamistes armées Al-Shabaab, Hizb-Al-Islam, Somalie, Milices islamistes armées
  7. Mswati III, Swaziland, Roi du Swaziland
  8. Robert Mugabe, Zimbabwe, Président de la République
  9. « Aigles Noirs », Colombie, groupe paramilitaire
  10. FARC, Colombie, Forces armées révolutionnaires de Colombie
  11. Raul Castro, Cuba, Président du Conseil d’Etat et du Conseil des ministres
  12. Cartels de Sinaloa, Mexique
  13. Mollah Mohammad Omar, Afghanistan, Pakistan, chef des Talibans
  14. Than Shwe, Birmanie, Chef de la Junte
  15. Hu Jintao, Chine, Président de la République
  16. Kim Jon-il, Corée du Nord, Secrétaire général du parti du travail
  17. Choummaly Sayasone, Laos, Chef de l’Etat
  18. Groupes armés népalais, Népas
  19. Les milices privées, Philippines
  20. Gotabhaya Rajapakse, Sri Lanka, Secrétaire d’Etat à la Défense
  21. Nong Duc Manh, Vietnam, Secrétaire général du Parti communiste
  22. Ilham Aliex, Azerbaïdjan, Président de la République
  23. Alexandre Loukachenko, Bélarus, Président de la République
  24. ETA, Espagne, organisation terroriste
  25. Organisations criminelles mafieuses, Italie
  26. Noursoultan Nazarbaïev, Kazakhstan, Président de la République
  27. Islam Karimov, Ouzbékistan, Président de la République
  28. Vladimir Poutine, Russie, Premier ministre
  29. Ramzan Kadyrov, Russie, Président de la République
  30. Gourbangouly Berdymoukhamedov, Turkmenistan, Président de la République
  31. Abdallah Ibn Al-Saoud, Arabie saoudite, Roi
  32. Ali Khamenei, Iran, Guide suprême de la République
  33. Mahmoud Ahmadinejad, Iran, Président de la République
  34. Les forces de défense israéliennes, Israël
  35. Mouammar Kadhafi, Libye, Chef de l’Etat et Guide de mla Révolution
  36. Bachar Al-Assad, Syrie, Président de la République
  37. La Force exécutive, Palestine, branche armée du Hamas
  38. Les forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne, Palestine
  39. Zine el-Abidine Ben Ali, Tunisie, Président de la République
  40. Ali Abdallah Saleh, Yemen, Président de la République

http://fr.rsf.org/

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C’est l’histoire d’un Juif qui rencontre un autre Arabe…

17 avril 2010 · 1 commentaire

Pas un conflit n’aura déchainé plus de passions. Pas un conflit n’aura levé autant de questions. Le conflit israélo-palestinien est sans aucun doute le sujet le plus épineux de ces cinquante dernières années. Une histoire qui commence en 1948, à la veille de la seconde guerre mondiale, pense-t-on, mais dont les racines sont en réalité plus profondes, plus diverses et plus troubles. Face à certains événements, à l’actualité et  aux multiples informations sur le sujet, il est difficile de ne pas se sentir perdu ou dépassé. Chaque question en appelle une autre.

Le groupe MIDI organise la soirée « Le conflit israélo-palestinien pour les nuls ». La conférence sera animée par Bishara Khader, professeur à l’UCL, qui tentera de donner des clefs de compréhension, ainsi que par Marianne Blume, qui délivrera son propre témoignage sur le terrain. Suivra ensuite, une séance de questions-réponses.

Vulgariser un sujet si sensible est un projet ambitieux ; aux enjeux politiques et stratégiques se mêlent des intérêts économiques, des rancœurs du passé et des idées religieuses. La difficulté restant à se tenir le plus éloigné possible d’une prise de position, pour éclairchir un conflit trop souvent maltraité.

 Pour patienter : le dessous des cartes,http://bit.ly/adv9VW

« Le conflit israélo-palestinien pour les nuls » à la Maison de la Paix,
Le 22 avril, 19h30
Rue Van Elewyck, 35
1050 Ixelles
http://www.scibelgium.be

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Google a inclus l’Espagne dans la liste des pays censeurs

31 mars 2010 · 147 commentaires

Article de David Alendete sur le site du quotidien espagnol El Pais.

L’origine de la plainte de Google : en 2007, le tribunal du commerce a autorisé la fermeture de 9 pages web, qui appelaient entre autres à un boycott des produits catalans, principalement le cava. Deux de celles-ci, Boicot-Ya.blogspot.com et HastaLosHuevos-com.blogspot.com (comprendre « on en a plein les c**** ») étaient sur Blogger, le service gratuit de Google. Si le second blog n’est plus activé, le second, lui, redirige actuellement les visiteurs vers un article de  Libertad Digital concernant le nationalisme catalan.

 

Google a inclus l’Espagne dans la liste des pays censeurs sur Internet.

La fermeture de deux  blogs anti-catalans motive la plainte devant le congrès des Etats-Unis

 Le géant de l’Internet, Google, a discrédité l’Espagne devant  le Congrès des Etats-Unis. Cela s’est déroulé au cours d’une audience à la Chambre des Représentants sur la démocratie, la sécurité et la liberté d’expression sur le web. A la suite d’un accident judiciaire isolé, l’interdiction de deux blogs qui demandaient le boycott des produits catalans sur décision judiciaire en 2007, la vice-présidente de Google, l’avocate Nicole Wong, a comparé l’Espagne aux régimes qui appliquent une répression systématique y continue sur le web, comme la Chine ou l’Iran.

«  Comme toujours, Google a été le centre d’attention des efforts de certains gouvernements  dans le but de limiter la liberté d’expression, puisque notre technologie et nos services permettent aux personnes qui s’expriment une audience mondiale. Plus de 25 gouvernements ont bloqué les services de Google ces deux dernières années » a déclaré Wong dans le témoignage livré par Google au Comité des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, pour son inclusion dans les archives du congrès.

Par la suite, l’avocate de Google a précisé les 13 pays qui ont bloqué YouTube, dont  la Chine, le Pakistan, le Maroc et l’Iran. Ultérieurement, Wong a inclus l’Espagne dans la liste des sept pays qui ont censuré Blogger et Blogspot : « Ces deux dernières années, nous avons reçu des rapports sur la façon dont notre plateforme de blogs a été bloquée et continue à l’être dans au moins sept pays dont la Chine, l’Espagne, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, le Myanmar et l’Ethiopie. Finalement, elle a mentionné les trois pays qui ont interdit l’accès au réseau social Orkut : l’Arabie Saoudite, l’Iran et les Emirats Arabes Unis.

C’est la deuxième fois que Google lance une telle accusation à l’Espagne. Le 2 mars dernier, lors d’une comparution devant le Sous -Comité des Droits de l’Homme et de la Législation du Sénat, les mêmes déclarations ont été faites. Ce journal, El pais, a contacté Google à l’époque mais n’a pas reçu de réponse. Hier, Google Espagne a pourtant livré un communiqué à ce sujet.

« Un jugement espagnol a ordonné il y a 3 ans la fermeture de deux pages de Blogspot. Mais cet incident ne s’est produit qu’une seule fois et nous n’avons pas de problème de liberté d’expression en Espagne. » C’est qu’a affirmé un porte parole par e-mail.

Cela n’a pas empêché Google de citer l’Espagne comme étant un pays pratiquant la censure sur le net, sans apporter plus de preuve dans leur témoignage destiné aux législateurs. Et ce à deux reprises : aux audiences durant lesquels se déroulaient des débats sur les droits de l’homme et au moment de la décision de l’entreprise d’arrêter de se soumettre à la censure chinoise, après une collaboration de 5 ans avec Pékin.

Plusieurs blogs, moyens de communication et agences de presse, comme France Presse, ont fait écho hier de cette accusation. Selon des sources du Congrès, les paroles de Wong peuvent nuire sérieusement à l’image de l’Espagne auprès des législateurs américains, puisque le pays est un allié potentiel à l’Otan et participe à la guerre en Afghanistan.

« A présent, n’importe quel membre du Congrès qui désire consulter les archives du Capitole trouvera cette liste des pays censeurs », explique le chef de cabinet d’un représentant du Congrès, qui préfère garder l’anonymat. « Cette inclusion implique que les membres du congrès peuvent imaginer que la politique espagnole concernant Internet est comparable à celle de la Chine. Ceci n’aide pas les relations entre les deux pays. Ce qui mènera les membres de congrès à se demander  ‘Pourquoi l’Espagne se trouve dans une telle liste ?’ »

Article original : http://bit.ly/9RZtbU

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Les VPN, nouvelles concessions chinoises.

17 mars 2010 · 122 commentaires

Voici un article de Michael Anti (Zhao Jing) , blogueur chinois, fervent défenseur de la liberté d’expression dans les pays asiatiques. Il s’exprime ici sur la Chine virtuelle. Son article a été repris le 16 mars 2010 par le site du quotidien espagnol El Mundo (http://bit.ly/aKSR7Z) et est traduit ci-dessous par mes soins. Il ne fait pas que dénoncer la situation, il explique comment et pourquoi elle n’est pas désespérée.

 

Lu Xun est écrivain chinois majeur du XXème siècle. Il a vécu pendant 9 ans à Shanghai. La ville était alors répartie entre différentes concessions étrangères. L’Espagne, et 11 autres pays occidentaux occupaient alors les lieux. Ces concessions permettaient à des progressistes comme Lu Xu de jouir d’une liberté d’expression, peu habituelle à cette époque chaotique. Ces concessions étaient donc des exceptions de liberté.

Aujourd’hui, nous savons Google désire se retirer du marché chinois, ou plutôt que le groupe souhaite arrêter de s’autocensurer et mettre en place un moteur de recherche non filtré. De ce fait, il est indéniable que cela donnera lieu à la création d’un système de surveillance du net plus radical encore, le Grand « Coupe-feu », et la connexion à internet se stoppera lors d’une recherche de sujets sensibles tels que Hu Jintao, Tiananmen ou encore Dalai Lama.

Toutefois, nombreux internautes chinois se réunissent sur Twitter, bloqué en Chine depuis juin dernier, et espèrent que Google se retirera de façon officielle rapidement. Puisqu’il leur est désormais possible d’accéder à un Google non censuré sans que leur connexion se coupe, pourquoi pleureraient-ils la perte de google.cn ?

En Chine, les habitants n’ont pas accès à Facebook, Twitter, Youtube ou d’autres services interactifs intéressant et UGC. Le régime tient à contrôler toute l’information, mais le Web 2.0 est trop rapide et trop vaste pour que les censeurs parviennent à tout superviser. Et à la manière de leurs rivaux de la Chine ancienne, ils empêchent les citoyens de manifester leur désaccord.

Tout comme Lu Xun vivait dans les concessions étrangères, nombreux internautes chinois utilisent aujourd’hui le Virtual Private Network (VPN), un accès sécurisé à des ordinateurs à distance. C’est donc un réseau virtuel s’appuyant sur un autre réseau et permettant ainsi un accès libre à Internet.

J’ai moi-même obtenu 2 VPN (entre 25 et 40$ chacun). Le second ne me sert que de copie, de sécurité si le premier plante. Nombreux VPN et proxies ont déjà été supprimés par le Grand Couvre-feu chinois. Les autorités hésitent à le faire également pour les VPN commerciaux mais les 500 membres de Fortune, à Shanghai, en ont besoin pour les affaires et les expatriés les utilisent pour communiquer avec leur famille à l’autre bout du monde.  Sans ces VPN, la Chine serait comme un désert informatif dans lequel les étrangers ne pourraient pas respirer, et donc vivre. Et si les communistes détestent la liberté d’expression, ils adorent le marché mondial.

De cette façon, grâce à ces hommes d’affaire et les émigrés, je profite d’internet librement avec ces concessions que sont devenues les VPN. Elles sont les exceptions de la censure chinoise. Beaucoup d’internautes les utilisent pour obtenir des infos qu’ils diffusent ensuite sur les sites chinois comme Sina, Youku, Tudou,…

Aujourd’hui, j’ai tweeté: « Ceux qui n’auront pas utilisé de VPN, seront des  citoyens de seconde catégorie dans cette société de l’information parce qu’un abyme s’est ouvert entre le web des VPN et celui censuré » Cela signifie que la majorité des jeunes Chinois font partie de cette tragédie.

Doit-on avoir peur de la croissance de la Chine ? Non. Mais seulement en partie. Je ne pas que ceux qui vivent avec la censure d’internet puissent innover et donc s’engager dans la création d’un grand futur. Mais ceux à qui on a lavé le cerveau, notamment par cette censure, pourraient avoir des idées et des opinions partiales sur le monde libre.

Je devrais remercier Google. Son action courageuse, même si elle semble stupide, est aussi un appel visant à réveiller les internautes chinois. Un d’eux a posté un commentaire après une propagande anti-Google : «  Google, je t’en prie, va-t-en le plus loin possible mais n’oublie pas de m’emmener avec toi »

Google-bye, je te salue de la concession VNT en Chine. J’espère que c’est un au revoir temporaire avant de mieux nous retrouver.

 

Article original :  http://bit.ly/aKSR7Z

A ce propos, lire aussi l’article du Soir : http://bit.ly/bL6Zna

 Michael Anti : http://twitter.com/mranti  

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